Égalité entre les femmes et les hommes

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    Constats

    Nous souhaitons que le genre soit intégré dans chaque politique de façon transversale (gender mainstreaming).

    Les femmes sont de plus en plus nombreuses sur le marché du travail et des avancées ont eu lieu ces dernières années. Toutefois, l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas encore acquise.  En effet, les femmes sont plus souvent orientées vers les secteurs plus dévalorisés, plus précaires, elles subissent toujours des discriminations liées à la rémunération et à l’accès vers des postes à responsabilités.

    Selon le rapport établi par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes en 2021, l’écart salarial au niveau du salaire horaire s’élève à 9,2% en défaveur des femmes. Cet écart représente 23,1% si l’on prend en considération les salaires annuels.

    Elles sont également plus nombreuses à travailler à temps partiel (problèmes de conciliation entre la vie familiale et professionnelle, temps partiel subis, ségrégation horizontale du marché du travail).

    Nous devons également rester vigilants à ce qu’il n’y ait pas de recul, surtout lors de périodes de crises économiques et sociales. (Crise covid et chômage temporaires, chômage basé sur leur temps partiels).

    Le travail à temps partiel est toujours très majoritairement féminin. En 2018, 43,5% des travailleuses travaillaient à temps partiel contre 11,0% des travailleurs. (Chiffres de l’Institut pour l’égalité entre les hommes et les femmes.)
     

    Propositions de la CGSLB

    • Augmenter le nombre de places en crèches. Les problèmes de garde d’enfants constituent un frein important à l’accès au marché du travail. Le Plan équilibre prévoit la création de places de crèche dans les communes qui ont un faible taux d’emploi, ce qui est positif, toutefois, nous estimons qu’il faut également soutenir les travailleurs qui sont déjà en emploi – le maintien à l’emploi est important. Il est important également de soutenir les mesures qui permettent la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée. Le Plan Equilibre annonce la création de places en crèche (création et rénovation de 3143 nouvelles places de crèche d’ici 2026). Mais à côté de cela, de nombreuses crèches ferment leurs portes par manque de soutien et en raison de l’augmentation des coûts de l’énergie. Le taux de couverture des crèches n’atteint que 38% en 2020 (source IWEPS), cela est beaucoup trop peu si on veut soutenir l’emploi des femmes (elles restent toujours celles qui s’occupent le plus des tâches familiales et domestiques).
    • Nous souhaitons également des services de garde de qualité, à proximité du domicile ou du lieu de travail afin de faciliter les déplacements et avec des horaires suffisamment larges pour les travailleurs et travailleuses.
    • Proposer des places de crèches à prix abordables pour tous les parents. Nous étions satisfaits d’apprendre que l’ONE allait revoir sa grille tarifaire afin de diminuer le prix des jours de garde. Toutefois, nous regrettons, que cette baisse ne concernera pas tout le monde car elle sera compensée par une augmentation des tarifs pour certains revenus plus élevés. Nous pensions que chaque tranche de revenu bénéficierait d’une baisse tarifaire. La grille tarifaire de l’ONE étant déjà dégressive en fonction du revenu, nous estimons que les tranches de revenus supérieures ne doivent pas subir d’augmentation alors que toutes autres tranches bénéficient d’une réduction tarifaire. La dégressivité doit rester proportionnelle.
      • 39% des parents n’ont pas trouvé de place en crèche au moment où ils en avaient besoin. -Parmi eux, dans 19% des cas, l’un des parents a dû prendre un congé parental, réduire son temps de travail ou arrêter de travailler. Ce sont principalement les femmes qui vont arrêter de travailler ou réduire leur temps de travail. (Chiffres provenant du Mémorandum de la Ligue des familles).
    • Améliorer les conditions de travail, valoriser les salaires et renforcer le personnel dans les secteurs de la petite enfance, de l’accueil scolaire et extrascolaire.
    • Soutenir les moyens qui permettent de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Pas moins de 50% des parents ont diminué leur temps de travail, sur une période donnée, voire de manière définitive, depuis qu’ils sont devenus parents. Ce sont les femmes qui ont davantage diminué leur temps de travail depuis qu’elles sont devenues mères (54% contre 44% des hommes)[1].
    • Viser une répartition égalitaire entre les hommes et les femmes du congé parental et du crédit-temps. Etant donné que les femmes ont encore en moyenne un revenu moins élevé que les hommes, ce sont majoritairement elles qui diminuent leur temps de travail et qui utilisent les congés parentaux et crédit-temps. En 2022, les femmes étaient deux fois plus nombreuses que les hommes à prendre un congé parental ou un congé pour assistance médicale et représentaient 80% des utilisateurs du crédit-temps pour soins. Par contre, les femmes sont sous-représentées parmi les utilisateurs du crédit-temps pour fin de carrière (39%), en raison, notamment, un nombre d’années de carrière insuffisant pour pouvoir y prétendre.[2]
    • Flexibiliser les réductions de temps de travail afin de rendre les congés parentaux et crédits-temps plus attractifs. La réduction des prestations d’1/10e dans le cadre du congé parental rencontre du succès, y compris auprès des pères de famille. Il s’agit de la formule la plus égalitaire (46% d’hommes pour 54% de femmes).[3]
    • Proposer des structures d’accueil extrascolaires de qualité, à prix abordables et à horaires larges. Les horaires des écoles ne correspondent pas avec les horaires de travail de la majorité des travailleurs et travailleuses à temps plein, de même que certains travailleurs et travailleuses à temps partiel (les horaires sont parfois atypiques et en soirée, tel que dans le secteur de la grande distribution, ce qui fait que même en travaillant à temps partiels, certaines personnes ne sont pas disponibles pour s’occuper de leurs enfants en dehors des heures scolaires). Les horaires de garderie (tout comme ceux des crèches) doivent donc être assez étendus pour répondre aux besoins des parents qui travaillent.
    • Soutenir les familles monoparentales, qui sont majoritairement des femmes.
    • Renforcer la mixité des métiers, ce qui permettra également de réduire le problème des métiers en pénurie. Plusieurs métiers en pénurie, dont ceux de la construction, ne sont pas très mixtes. Avoir plus de femmes dans ces métiers permettrait de résoudre ces problèmes et luttera contre la ségrégation verticale du marché du travail.
    • Nous souhaitons que les métiers STEAM, porteurs d’emplois, soient promus auprès des femmes. Ces métiers sont en effet porteurs d’avenir mais ils sont actuellement toujours plutôt masculins. Il existe un cercle vicieux dans ce secteur. Dès leurs études, les femmes sont orientées vers des secteurs non porteurs d’avenir. C’est donc dès l’enseignement, y compris primaire, qu’il faut sensibiliser les femmes sur ces métiers et les études qui y mènent. Les orientations se font assez tôt. Une fois les études terminées, elles sont aussi parfois victimes de discrimination et elles ont du mal à trouver un emploi dans les secteurs « masculins. »  Ces secteurs sont aussi, généralement, mieux rémunérés. Cela renforce donc également les inégalités de rémunération ce qui contribue à maintenir le « gender pay gap ».
    • Lutter contre le harcèlement au travail. Les travailleurs et les travailleuses doivent être plus protégés. Il faut également augmenter l’information au sein des entreprises via la délégation syndicale et CPPT. Il faut également veiller à la sécurité des travailleurs et travailleuses vers leur lieu de travail (Convention 190 OIT).
    • Renforcer le Test genre. Il ne faut pas l’intégrer dans un test diversité mais le garder en tant que tel et le renforcer.
     

    [1] Baromètre de la Ligue des familles.

    [2] Chiffres de l’IEHF.

    [3] IEHF.

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