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Le saut d’index : une mesure d’une injustice flagrante et particulièrement inefficace

27/02/2015 - 00h

La FGTB, la CSC et la CGSLB apprennent que le Conseil des ministres restreint (le Kern) approuvera aujourd’hui le projet de loi sur le saut d’index. Des indexations seraient néanmoins encore possibles jusqu’en mars. Mais à partir du 1er avril, plus aucune indexation des salaires, des allocations et des pensions ne pourrait être appliquée jusqu’à ce que l’opération ait rapporté 2%. Ce saut d’index ne s’appliquerait qu’aux salaires,  aux allocations sociales et aux pensions. Par contre le gouvernement n’a pas l’intention de soumettre les loyers à ce saut d’index. La FGTB, la CSC et la CGSLB insistent auprès du gouvernement pour qu’une concertation soit organisée dans les meilleurs délais sur ce choix politique injuste et inefficace.

Le gouvernement a donc fait le choix de demander un effort aux seuls salariés, fonctionnaires et personnes bénéficiant d’une allocation sociale ou touchant une pension. Les loyers, les prix de l’énergie, les polices d’assurance pourront encore être indexés. Les indépendants, professions libérales et détenteurs de dividendes ne participeront pas non plus à l’effort.

La loi de 1996 relative à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité prévoit pourtant que le gouvernement peut imposer la même modération « aux revenus des indépendants, des professions libérales, des dividendes, des tantièmes, des allocations sociales, des revenus locatifs et des autres revenus ». Ces « autres revenus » portent certainement sur les revenus de la fortune.

Or, il n’en est rien. Les travailleurs salariés et les bénéficiaires d’allocations ou d’une pension devront donc payer des loyers et des services plus chers avec un pouvoir d’achat réduit. On devine facilement les conséquences sur la consommation intérieure.

Mais l’injustice flagrante de cette décision n’est pas le seul élément choquant. Ce qui l’est tout autant, c’est que, selon le Bureau du Plan, le saut d’index – qui correspond à une diminution du coût salarial de 2,6 milliards pour les employeurs – ne permettrait de créer que 28.500 emplois d’ici 2020. Ces emplois représentent un investissement d’à peine 91.228 euros par emploi. Notons en outre que ces 28.000 emplois sont totalement insuffisants pour absorber l’augmentation de la population active.  Le pouvoir d’achat de la population diminuera donc, tandis que la croissance du chômage continuera à s’accentuer. Seuls les actionnaires s’en porteront mieux. Pourtant, des alternatives nettement plus équitables et plus efficaces existent. A condition que ce gouvernement ose enfin engager le débat sur une fiscalité équitable, y compris un glissement des cotisations sur le travail vers les revenus de la fortune.

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