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L’enseignement

De quelle Ecole avons-nous besoin et avec quels Enseignants ?

En 1997, le décret « Missions » a fixé les objectifs généraux de l'enseignement fondamental et de l'enseignement secondaire.

Le contrat pour l’Ecole a fixé les 10 priorités pour résoudre les problèmes majeurs de notre enseignement.

Si on y ajoute les réformes de la formation initiale, de la formation continuée, la mise en place d’une commission de pilotage et la réforme de l’inspection, le monde enseignant se demande s’il ne vit pas dans un monde anachronique, complètement détaché de la réalité.

En effet, les enseignants sont aujourd’hui investis de missions non naturelles imposées par le Politique.

Redonnons du sens à notre monde en réhabilitant le goût de l’humanisme à travers une réflexion sociétale.

La société civile nous avait confié la mission d’enseigner en incluant l’école dans la vie locale pour répondre aux besoins du quartier et en laissant une liberté pédagogique nécessaire à une ouverture de l’école au monde proche.
Pourquoi dès lors vouloir écarter toute dimension sociale et uniformiser toutes les écoles en imposant des socles communs de compétences à atteindre alors que les compétences attendues sont tellement diversifiées ?

Toute maîtrise de compétences passe obligatoirement par l’acquisition de savoirs à acquérir au terme d’un tronc commun et évalués dans une épreuve commune de style « Bac ».
Suivent alors des compétences à atteindre en fonction des finalités professionnelles attendues.

Nous devons transmettre le savoir, susciter le questionnement, faire accéder à la capacité à réfléchir, développer le sens de l’exigence personnelle, le sens de la justesse et de l’équité, le goût de l’exemplarité et de l’évaluation glorifiante en donnant de l’importance à la personne qui est devant soi.

Les élèves doivent acquérir la maîtrise de compétences mais par qui celles-ci seront-elles évaluées et que fera-t-on de ces compétences acquises ?

La formation technique et professionnelle doit privilégier le temps consacré aux cours pratiques et aux stages en entreprise.

Que d’énergie perdue à répondre aux objectifs imposés « d’en haut » et évalués par un seul canal, celui de l’Inspection ! Des avis contradictoires ne seraient-ils pas nécessaires ?

Concilier égalité des chances et acquisition de compétences passe nécessairement par des partenariats.

Stop aux lourdeurs administratives, aux réformes et inspections anachroniques, au cloisonnement des réseaux (Statuts, Titres et Fonctions, Réaffectation …) pour libérer enfin l’énergie nécessaire pour redevenir acteur responsable de notre métier.

Comment dès lors former des professionnels de l’enseignement ?

D’abord en repensant la formation initiale: une première étape théorique en Ecole normale, une autre en écolage dans plusieurs niveaux et formes d’enseignement durant les premières années de carrière avec le soutien d’un compagnonnage assuré par des gens ayant une bonne expérience du terrain et avec l’appui d’une « corporation des enseignants ».

Ensuite, repenser la gestion des ressources humaines en rendant l’enseignant acteur de sa formation continuée en lui permettant d’établir un plan de carrière tout au long de la vie, avec un temps de valorisation du capital « expérience » par l’échange, la recherche et la réflexion, mené en équipe, temps rémunéré et hors présence des élèves.

Eviter la carrière plane et permettre une réorientation grâce à une plus grande souplesse dans les statuts et à un décloisonnement des réseaux.

Permettre un accès gratuit aux sources d’informations (culture, musée, …).

Ne pas choisir ce métier par sécurité d’emploi ou par second choix mais viser l’excellence et la qualité par la formation, l’expérience pédagogique et l’expérience utile.

Nous avons regroupé nos préoccupations et propositions en 6 thèmes :

Le CADRE politico institutionnel et organisationnel

Compte tenu des enjeux européens et mondiaux, de l'évolution de la situation politico institutionnelle de notre pays, il n'est pas insensé de se poser des questions pertinentes sur l'avenir de notre enseignement et de son financement dans le cadre fédéral belge ou dans tout autre contexte d'une part, sur une autre organisation de notre enseignement qui lui assurerait une existence décente d'autre part. Adeptes du « dépenser autrement, dépenser mieux », nous affirmons indispensables la rationalisation des réseaux (pour aboutir dans un premier temps à un réseau public et un réseau privé) et le décloisonnement des réseaux. L'harmonisation des statuts des membres du personnel serait alors nécessaire.

La CARRIERE  de  l'ENSEIGNANT

Convaincus de ce que la transmission des savoirs n'est plus l'apanage de l'Ecole seule, de ce que la mutation du monde actuel est due à l'apport et à l'évolution des nouvelles technologies et à l'omniprésence des médias, de ce que les facteurs socio-économiques ont des enjeux qui dépassent la façon dont nos sociétés doivent aujourd'hui s'organiser pour permettre à tous de connaître des conditions de vie décentes, nous affirmons qu'une carrière réussie d'enseignant passe d'abord par une refonte complète de la formation initiale (où le jeune enseignant serait encadré et jugé par ses pairs et aurait l'opportunité d'apprendre le métier dans tous les secteurs et niveaux, où les formateurs seraient de véritables spécialistes du « terrain »), passe ensuite par une véritable formation continuée (dont les enseignants eux-mêmes seraient les acteurs) tout au long de la vie, passe également par la possibilité qui serait offerte de réorientation en cours de carrière, propose enfin des aménagements pour la fin de celle-ci en rapport avec la pénibilité du métier.

Le  METIER  d' ENSEIGNANT

Sachant que notre enseignement connaît une pénurie croissante d'enseignants véritables professionnels de l'éducation dont les compétences sont avérées et valorisées par des formations de haut niveau, sachant aussi que l'éducation et l'enseignement sont les piliers du bien-être et du progrès de notre société (encore plus dans les temps de crise), sachant que le métier d'enseignant requiert de plus en plus des compétences pointues (recherche permanente, sens de l'exigence personnelle, de l'exemplarité, de l'humour,

éveilleur de conscience, expertise, humanisme, mobilité, flexibilité), il nous paraît de la plus haute importance que la profession soit davantage respectée (dans l'exercice de l'autorité et l'accompagnement de tous les jeunes, particulièrement ceux en difficulté), qu'elle soit de façon très substantielle revalorisée tant moralement que – surtout et d'abord – financièrement et ainsi rendue nettement plus attractive.

La GESTION PEDAGOGIQUE  et  ADMINISTRATIVE  des  ETABLISSEMENTS  SCOLAIRES.

Réaffirmant la primauté du pédagogique sur l'administratif et le contrôle, l'impérieuse nécessité de faire confiance aux enseignants sur les projets pédagogiques qu'ils construisent en équipes et l'espace de liberté où ils pourront les mettre en oeuvre, le fait que trop de lourdeur administrative pèse sur le dos des praticiens, que l'organisation des établissements scolaires ne peut leur être étrangère ni laissée aux seules directions (d'autant plus que leur mise en place ne l'a pas été dans la transparence) dont on dénonce la trop grande autonomie dans leur gestion des moyens financiers, humains, matériels mis à leur disposition, nous réclamons pour les enseignants davantage de liberté et d'autonomie dans leurs choix et pratiques pédagogiques, ainsi que de contrôle des moyens mis à la disposition des établissements scolaires.

L'ELEVE, l' ETUDIANT  :  leur place dans l'école.

Si l'enseignant doit être considéré comme l'acteur principal de l'enseignement, l'élève en est le centre d'intérêt; s'il s'agit d' individualiser ou différencier les apprentissages, de concilier l'égalité des chances et le développement des compétences, d'aider le jeune à s'insérer dans la société, à déterminer ses motivations et son projet de vie, il est impératif que l'enseignant - qui a reçu de la société une multitude de missions qui à défaut de lui être naturelles lui sont devenues légitimes, - collabore au maximum avec des personnels non-enseignants, développe des pratiques liées à de nouvelles façons d'aménager les rythmes scolaires, liées aussi à la modularisation des séquences d'apprentissages.

LA PLACE DE  L'ECOLE  DANS  LA SOCIETE ET  LE  MONDE

A l'heure de la mondialisation des enjeux socio-économiques, il n'est plus admissible que l'Ecole soit semblable à une île déserte ou une bulle coupée du monde extérieur, que, ce faisant, l'insertion du jeune dans ce monde soit rendue encore plus difficile, nous nous posons des questions sur la capacité de l'Ecole à réagir dans ce contexte de post-modernité, ces situations de crise, à l'évolution de notre société vers des savoirs différemment transmis, en pleine mutation technologique, aux liens entre l'Ecole et les mondes économique (où le jeune devra témoigner des compétences acquises durant ses études : indispensable revalorisation de l'enseignement professionnel !) associatif, culturel, nous nous posons aussi des questions sur l'adéquation entre les moyens octroyés et la pertinence des équipements que ceux-ci permettent, sur le projet de société dont toutes nos interrogations soulignent le caractère préalable et indispensable, enfin sur la nécessité d'organiser l'Ecole sur les indispensables collaborations des personnels enseignant et non-enseignant (paramédicaux, sociaux, éducatifs, psychologiques, etc...).

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