La formation professionnelle
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Constats
L’évolution continuelle des métiers, principalement liée aux développements technologiques suppose la nécessité pour les entreprises de pouvoir disposer de personnel qualifié, donc apte à assumer une formation quasi perpétuelle.
Ces évolutions technologiques et techniques touchent tous les domaines, tous les secteurs, presque tous les emplois. Force est de constater que, dans les faits, ce sont les travailleurs et les demandeurs d’emploi déjà les mieux formés qui participent le plus aux formations dites continuées. Ce faisant, ils peuvent parfaire leur formation, garantir leur employabilité et améliorer leurs chances d’évolution de carrière.
Un droit à la formation qui rétablit l’égalité des chances
Par contre, les travailleurs les plus fragilisés dès le départ par un parcours scolaire défaillant ou chaotique ont aussi du mal à trouver leur voie dans le catalogue des formations continues, quels que soient leur label et le trajet qu’elles supposent. De plus les exigences de nombreux métiers supposent d’abord l’acquisition d’un niveau minimum avant de suivre la formation voulue, ce qui pose un problème supplémentaire. L’enseignement et la formation sont étroitement liés : la CGSLB rappelle à cet égard la nécessité absolue d’une articulation accrue entre la Communauté française et la Région wallonne.
Pour des responsabilités équilibrées, le travailleur se forme, l’employeur en supporte les coûts
La CGSLB tient à déclarer clairement que, si le postulat de base est bien que la formation des travailleurs constitue un véritable investissement pour l’employeur, les entreprises doivent accepter d’assumer la plus grande partie des coûts et des responsabilités liés à la formation de leur personnel. Un certain nombre d’entreprises font, de plus en plus, peser le poids de la formation sur le travailleur lui-même et sur les pouvoirs publics. Ce comportement n’est selon la CGSLB pas responsable.
Certes, il est évident que la formation du travailleur suppose de la part de celui-ci un état de disponibilité intellectuelle et une vision positive du principe même de la formation, ce qui est tout à fait juste et normal. Il est tout aussi évident que les pouvoirs publics ont eux aussi intérêt à participer au règlement du problème que représente la formation des travailleurs. Tout est bien sûr une question d’équilibre et d’équité, mais aussi d’efficacité.
Priorités
Dans le cadre d’une adéquation plus grande entre l’offre et la demande d’emploi, la CGSLB demande au prochain Gouvernement wallon de réaliser une évaluation globale du secteur du placement en Wallonie et des divers mécanismes de subsidiation de la formation professionnelle pour adultes au travers d’un audit général du secteur.
Pour une évaluation des résultats des divers trajets
En effet, les divers trajets ou statuts (formation en alternance, PFI,…) doivent être réexaminés et évalués principalement à la lumière des deux éléments suivants :
- de la vérification que ces divers trajets participent bien de la logique voulue de réduction des écarts entre les travailleurs les plus fragilisés et les autres, sans créer de discrimination,
- du nombre d’emplois corrects et durables réellement occupés par les apprenants après sortie de leur statut d’apprenant ou de stagiaire.
L’approche régionale d’attaque des fonctions critiques ou en pénurie doit être elle aussi évaluée et repositionnée.
Pour une revalorisation des formations qualifiantes
La CGSLB demande de plus au prochain Gouvernement wallon de prendre toutes les initiatives possibles pour enfin revaloriser les filières d’enseignements techniques et professionnels. Les initiatives actuelles en matière de Centres de compétences et de Centres de Technologies Avancées sont intéressantes mais encore trop peu nombreuses et leurs effets sur la résolution du problème restent dès lors marginaux.
De plus, la compétence de la Région en matière de reconnaissance des agences d’emplois privées suppose, selon la CGSLB, une plus grande régulation de ce secteur afin d’éviter certains comportements que nous jugeons socialement inacceptables.
Stop à la jungle sociale dans les Titres Services
La CGSLB estime aussi que la présence d’opérateurs privés sur le « marché » des titres services pose un problème déontologique. Les profits trop faciles et trop rapides réalisés grâce à l’argent public (Aides Activa –Aides Sine – Remboursement du Titre) ne sont pas légitimés par une réelle prise de risques ou un investissement proportionnel de l’entrepreneur. De plus le comportement d’un certain nombre d’opérateurs privés vis-à-vis des travailleuses (ce sont en effet presque exclusivement des femmes qui y sont occupées) n’est pas conforme à la déontologie sociale la plus élémentaire. Il est certes difficile de régler actuellement ce problème au seul niveau régional, mais il doit, selon la CGSLB, interpeller tous les niveaux de pouvoirs.
Notons aussi que les bas de laine créés par ces activités, actuellement souvent thésaurisés, dans les structures hybrides que sont les Agences Locales pour l’Emploi, doivent aussi pouvoir retrouver le chemin de leur objet social, soit la remise à l’emploi des plus fragilisés et/ou la poche des travailleurs. Il y a là, au niveau communal, un levier budgétaire intéressant pour développer des projets locaux pour l’emploi.
Une concertation entre la Région et le Fédéral en la matière nous semble absolument nécessaire.
