L'enseignement
A l’école en Région Bruxelloise
L’école est au cœur de la société et de son devenir. L’école ne peut être celle du passé. Elle se doit donc d’être à l’écoute des évolutions sociales et faire preuve d’une réelle capacité d’adaptation. La société évolue de plus en plus vite, l’école doit donc elle aussi évoluer de plus en plus vite, non en générant une sorte de chaos scolaire, mais en développant un esprit de veille sociétale facteur de progrès scolaire.
Les évolutions démographiques que connaît et va encore connaître la Région sont impressionnantes. Aujourd’hui et demain, la Région manquera d’enseignants et de places dans les écoles. C’est connu aujourd’hui, on peut donc réagir avant de constater que les élèves sont assis sur des bancs installés dans les couloirs ou dans les caves, dans l’attente qu’un jour il y ait un enseignant qui arrive. L’image n’est hélas pas surréaliste.
L’enseignement, c’est aussi une question de moyens, qu’on ose se le dire.
L’école à Bruxelles, c’est aussi la gestion de la diversité sociale et d’origine.
Et il ne suffit pas d’indiquer sur une carte du monde, les pays d’origine des élèves pour résoudre cette question.
La diversité, ce sont des élèves qui maîtrisent mal ou pas du tout, une des deux langues de la Région, ce sont des parents qui ne connaissent pas le système d’enseignement de la Belgique, ce sont des enseignants désemparés, ce sont des parents qui vivent l’exclusion au quotidien, ce sont des parents qui « ne savent plus de chemin ».
Mais la diversité, c’est aussi la diversité des espoirs, des forces, des talents…
La diversité est une chance… à condition de la jouer gagnante !
Au-delà d’une réflexion à propos de l’enseignement en Communauté française, les aspects spécifiques bruxellois devront trouver échos dans chaque mesure prise en la matière. Il n’est pas question de particularisme, c’est simplement une question de spécificité bruxelloise, laquelle doit être reconnue.
La CGSLB demande
- un enseignement en phase avec la société, ouvert à celle-ci et prêt à s’adapter sans cesse, non pas dans le chaos, mais dans la perspective de former des élèves et des étudiants capables de pleine citoyenneté
- une lecture bruxelloise de toutes les politiques de l’enseignement, non par singularisme égocentré, mais pour que ces politiques prennent en compte les spécificités de la Région. Un enseignement adapté, dynamique, en phase avec l’économie, doit rendre de l’espoir à la jeunesse bruxelloise. L’enseignement doit être une chance et non un fardeau dénué de sens.
- que les perspectives démographiques qui sont aujourd’hui connues soient dès à présent prises en compte
- que des ponts soient créés entre l’école et l’entreprise. Tant pour la formation professionnelle que pour l’enseignement, celle-ci et celui-ci doivent pouvoir s’adosser sur des entreprises, y trouver des collaborations, des échanges d’expérience, cela dans la perspective d’une plus grande efficience économique et sociale.
- que l’école s’ouvre au changement, à l’adaptation. L’école est au cœur de la société et de son devenir
Tenant compte de ces éléments, différents aspects peuvent être mis en évidence.
Le CADRE politico institutionnel et organisationnel
Compte tenu des enjeux européens et mondiaux, de l'évolution de la situation politico institutionnelle de notre pays, il n'est pas insensé de se poser des questions pertinentes sur l'avenir de notre enseignement et de son financement dans le cadre fédéral belge ou dans tout autre contexte d'une part, sur une autre organisation de notre enseignement qui lui assurerait une existence décente d'autre part. Adeptes du « dépenser autrement, dépenser mieux »,
la CGSLB demande
- la rationalisation des réseaux (pour aboutir dans un premier temps à un réseau public et un réseau privé)
- le décloisonnement des réseaux
- l'harmonisation des statuts des membres du personnel
La carrière et le métier de l'enseignant
Convaincus de ce que la transmission des savoirs n'est plus l'apanage de l'Ecole seule, de ce que la mutation du monde actuel est due à l'apport et à l'évolution des nouvelles technologies et à l'omniprésence des médias, de ce que les facteurs socio-économiques ont des enjeux qui dépassent la façon dont nos sociétés doivent aujourd'hui s'organiser pour permettre à tous de connaître des conditions de vie décentes, nous affirmons qu'une carrière réussie d'enseignant passe d'abord par une refonte complète de la formation initiale (où le jeune enseignant serait encadré et jugé par ses pairs et aurait l'opportunité d'apprendre le métier dans tous les secteurs et niveaux, où les formateurs seraient de véritables spécialistes du « terrain »), passe ensuite par une véritable formation continuée (dont les enseignants eux-mêmes seraient les acteurs) tout au long de la vie, passe également par la possibilité qui serait offerte de réorientation en cours de carrière, propose enfin des aménagements pour la fin de celle-ci en rapport avec la pénibilité du métier.
Sachant que notre enseignement connaît une pénurie croissante d'enseignants véritables professionnels de l'éducation dont les compétences sont avérées et valorisées par des formations de haut niveau, sachant aussi que l'éducation et l'enseignement sont les piliers du bien-être et du progrès de notre société (encore plus dans les temps de crise), sachant que le métier d'enseignant requiert de plus en plus des compétences pointues (recherche permanente, sens de l'exigence personnelle, de l'exemplarité, de l'humour, éveilleur de conscience, expertise, humanisme, mobilité, flexibilité), il nous paraît de la plus haute importance que la profession soit davantage respectée (dans l'exercice de l'autorité et l'accompagnement de tous les jeunes, particulièrement ceux en difficulté), qu'elle soit de façon très substantielle revalorisée tant moralement que – surtout et d'abord – financièrement et ainsi rendue nettement plus attractive.
La CGSLB demande
- Une refonte de la formation initiale et une véritable formation continuée
- des possibilités de réorientation de carrière, des aménagements de fin de carrière tenant compte de la pénibilité du métier.
- une revalorisation sociale et financière du métier d’enseignant et ainsi une plus grande attractivité du métier
L'élève, l'étudiant : leur place dans l'école
Si l'enseignant doit être considéré comme l'acteur principal de l'enseignement, l'élève en est le centre d'intérêt; s'il s'agit d' individualiser ou différencier les apprentissages, de concilier l'égalité des chances et le développement des compétences, d'aider le jeune à s'insérer dans la société, à déterminer ses motivations et son projet de vie, il est impératif que l'enseignant — qui a reçu de la société une multitude de missions qui à défaut de lui être naturelles lui sont devenues légitimes, — collabore au maximum avec des personnels non-enseignants, développe des pratiques liées à de nouvelles façons d'aménager les rythmes scolaires, liées aussi à la modularisation des séquences d'apprentissages.
La CGSLB demande
- une école centrée sur l’élève, sur l’étudiant
- l’individualisation et la différenciation des apprentissages en fonction des capacités, difficultés des élèves. La CGSLB demande que les moyens soient accordés aux écoles pour réaliser cela
- que les missions de l’école, qui se sont étendues avec le temps, puissent être partagée, lorsque l’on sort de la mission première de l’école, avec du personnel para-enseignant, à l’image du para-médical,
