Une meilleure protection des travailleurs
Qualités du travail et de la vie
Le besoin des travailleurs de concilier vies privée et professionnelle est une réalité toujours plus criante. Le système de crédit-temps qui existe aujourd’hui doit, pour la CGSLB, non seulement être garanti dans sa continuité mais également amélioré, notamment :
- par une meilleure protection contre le licenciement : l’indemnité de rupture doit être calculée sur le salaire antérieur comme pour le congé parental;
- en mettant l’accent sur certains groupes plus fragiles tels que les familles monoparentales : le crédit-temps ne doit pas, en pratique, bénéficier qu’aux plus nantis.
Il convient aussi de garantir que les pères usent de leur droit au congé de paternité en rendant celui-ci obligatoire. La CGSLB est d’avis que le caractère contraignant du congé amènera les hommes à – davantage - s’impliquer dans leur rôle de parent et les protègera d’une éventuelle pression patronale.
N’oublions pas non plus l’indispensable amélioration des structures d’accueil des enfants, en termes de coût, de qualité, d’adéquation entre l’offre et la demande, de formation du personnel accueillant. Ce sont les entités fédérées qui sont compétentes pour ces matières et doivent prendre les mesures nécessaires dans ce cadre.
Nous défendons l’idée que lorsque la question de la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle est abordée, elle doit toujours contenir en filigrane l’égalité entre les hommes et les femmes.
Enfin, la CGSLB insiste sur la nécessité de ne pas uniquement tenir compte de la demande de flexibilité de l’employeur mais aussi des besoins de flexibilité des travailleuses et travailleurs. Le travailleur doit aussi pouvoir être maître de sa propre carrière. Seule cette approche conduit à un investissement plus qualitatif dans les objectifs de l’entreprise, ce qui garantit la stabilité de l’emploi. Nous pensons que cette perspective, orientée sur le long terme constitue le meilleur rempart contre les effets néfastes d’une crise.
Le travail intérimaire doit rester à usage exceptionnel
Les contrats précaires doivent être évités à tout prix. La CGSLB pense que la seule forme de contrat qui doit être privilégiée car seule garante d’une réelle sécurité pour le travailleur est celle du contrat à durée indéterminée. Il peut parfois aussi être nécessaire de recourir à des contrats de travail à durée déterminée, offrant parfois le compromis entre la flexibilité patronale demandée et une sécurité certes moins grande que le contrat à durée indéterminée, mais en tous cas plus forte que le travail intérimaire.
Le recours à l’intérim doit rester limité et strictement encadré. Ainsi, les contrats d’un jour dont abusent parfois les employeurs au nom d’une flexibilité à outrance ne se justifient que dans de rares cas mais peuvent, dans les faits, durer des années. Il faut limiter ces pratiques qui mettent le travailleur dans une situation intenable sur les plans professionnel et familial.
Et la crise n’a fait que précariser un peu plus ces travailleurs : les premiers dehors mais aussi les premiers réintégrés dans le cadre d’un intérim et donc d’une relation précaire au nom du principe de prudence.
La CGSLB croit en l’intérêt des employeurs d’investir dans un capital humain stable, lequel est alors plus à même de s’engager durablement dans la vie de l’entreprise.
Le maintien au travail des travailleurs âgés dans des emplois de qualité
Les travailleurs et travailleuses âgé(e) s peuvent souscrire à l’idée de rester plus longtemps sur le marché du travail mais à la condition qu’ils puissent faire usage d’une certaine flexibilité concernant notamment l’aménagement du temps de travail.
Cette flexibilité, combinée avec le maintien de l’ensemble des acquis sociaux voire la création d’incitants financiers (par exemple une indemnité complémentaire en cas de passage à temps partiel ou en cas de crédit-temps), doit se penser avec les travailleurs eux-mêmes.
Une adaptation du contenu de leur travail peut aussi contribuer au maintien au travail des travailleurs plus âgés, car il est fondamental de pouvoir conserver leur know-how au sein des entreprises.
En concertation avec les partenaires sociaux donc, la CGSLB attend du futur gouvernement qu’il mette en place des mesures créatives et incitatives pour rendre cette transition possible.
Notre organisation souhaite aussi insister sur la nécessité d’une réelle volonté patronale de maintenir à l’emploi et d’engager des travailleurs plus âgés, volonté sans laquelle toute mesure serait dénuée de sens et d’effet, un élément sur lequel le futur gouvernement devra aussi travailler.
