Elections fédérales 2010 : mémorandum de la CGSLB
Un gouvernement solide pour sortir les citoyens de la crise
Un parlement et un gouvernement stables pour permettre aux citoyens de sortir de la crise, voilà ce que souhaitent les affiliés de la CGSLB au lendemain des élections législatives du 13 juin.
Le futur gouvernement fédéral et le futur parlement devront prendre rapidement les décisions qui s’imposent en matière d’emploi, de pensions, d’adaptation des allocations sociales au bien-être général… La CGSLB veut que les femmes et les hommes politiques qui détiendront les leviers du pouvoir exercent leurs compétences sur des dossiers économiques et sociaux, certes plus difficiles et moins populaires à traiter, mais qui sont capitaux pour l’avenir de la société.
Citoyens victimes
La crise actuelle démontre une fois de plus que le « marché » ne s’autorégule pas. Au contraire, ses acteurs les moins scrupuleux poussent le système jusque dans ses derniers retranchements, jusqu’à ce que les réalités économiques s’imposent inexorablement à eux. En attendant, ils ont entraîné tous les autres acteurs dans leur sillage et parfois dans leur chute.
La financiarisation de l’économie au détriment du système de production et de vente de biens et de services a provoqué une crise dont les citoyens paient les conséquences souvent à plusieurs titres : travailleur, contribuable et peut-être demain assuré social si notre futur gouvernement entame une politique d’austérité comme d’autres gouvernements européens viennent de s’y résoudre.
Créer des emplois, mais des emplois décents
La CGSLB part du principe que l’emploi constitue l’un des meilleurs remparts contre la pauvreté. La création d’emploi doit rester le premier objectif de tout futur gouvernement. Mais cela ne peut suffire ! L’Organisation internationale du Travail a développé la notion d’ « emploi décent » pour bien faire comprendre que le fait de pouvoir travailler n’est pas suffisant, encore faut-il que les revenus de ce travail permettent à l’individu et à son ménage de vivre décemment.
Sous les effets conjugués de la crise économique et de la mondialisation des échanges, la tentation est forte de réduire les acquis des travailleurs des pays développés sous prétexte de rétablir la compétitivité. La CGSLB insiste pour que la Belgique maintienne des niveaux de rémunération suffisants pour vivre convenablement dans notre société. L’indexation automatique des salaires est une garantie pour maintenir le pouvoir d’achat des travailleurs.
Sécurité sociale
Sous nos latitudes, la vie ne se limite pas au travail. Un individu va peut-être connaître toutes sortes de situations où il est empêché de gagner sa vie : chômage, incapacité due à une maladie ou un accident et puis finalement départ à la pension.
Pour la CGSLB, la notion d’emploi décent doit donc être complétée par celle d’allocations sociales décentes. La simple indexation ne suffit pas, il faut adapter les montants à l’augmentation du bien-être général de la population.
La sécurité sociale fonctionne selon le principe de la solidarité : plus il y a de cotisants, plus le système est solide et efficace. La CGSLB met le futur parlement et le futur gouvernement en garde contre des atteintes à la sécurité sociale susceptibles de diminuer son rôle de filet de protection.
En cette année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la Belgique se doit de donner l’exemple, d’autant plus qu’elle assurera à partir du 1er juillet la présidence du Conseil de l’Union européenne.
Production et consommation durables
Nous sommes aujourd’hui dans une situation de prise de conscience quant à la nécessité d’une production et consommation durables. Nous attendons du futur gouvernement qu’il prenne ses responsabilités pour traduire cette prise de conscience en mesures concrètes. Les partenaires sociaux ont par exemple amorcé le processus par la mise en place du système des éco-chèques, qui fait pour le moment l’objet d’une évaluation par les partenaires sociaux. Tant pour les travailleurs que pour les entreprises, c’est tout l’enjeu des emplois verts et décents qui se situe derrière ces adaptations structurelles attendues.
Responsabilité sociale
Pendant la crise financière, les pouvoirs publics ont été obligés d’intervenir pour sauver des entreprises privées. Un pouvoir public fort et démocratique, qui s’appuie sur des services publics efficaces constitue donc bien le dernier rempart contre les excès des acteurs économiques à la recherche de leur intérêt privé au détriment de l’intérêt collectif. La CGSLB croit aux bienfaits de l’économie de marché à partir du moment où elle parvient à redistribuer la richesse à toute la société.
La CGSLB plaide donc pour des règles fortes qui protègent le système des dérives, avec une instance de contrôle effective. Dans beaucoup de situations, les entreprises s’affranchissent de leur responsabilité sociale, leurs dirigeants, l’oeil rivé sur les tableaux de bord, oublient que derrière les chiffres il y a des hommes et des femmes qui assurent la prospérité des entreprises en y travaillant, en consommant les produits et services. Les pouvoirs publics doivent les ramener à la raison.
Responsabilité fiscale
Redistribuer la richesse, c’est également le rôle de l’impôt. Sous prétexte de ne pas faire fuir les gros contribuables et d’attirer des entreprises, diverses exemptions fiscales ont été imaginées. La CGSLB demande que le bilan de chaque mesure soit effectué. La lutte contre la fraude fiscale de grande ampleur doit également constituer une priorité du futur gouvernement.
Si le mot n’avait été trop souvent galvaudé, la CGSLB oserait dire qu’il faut insuffler un peu de moralité dans la vie économique et sociale. Aujourd’hui on parle plus volontiers d’éthique, de déontologie, de bonne gouvernance… quel que soit le vocable utilisé, ce que nous revendiquons c’est une société plus solidaire.

