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Statuts ouvrier-employé/mesures de crise : deux dossiers qui se tiennent

Après la rencontre assez décevante avec le Premier Ministre ce lundi 30 novembre, la CGSLB a souhaité envoyer un avertissement aux employeurs et au Gouvernement, à propos de deux dossiers très fortement liés, en participant à la manifestation de ce 4 décembre.

L’harmonisation des statuts ouvrier/employé

Ce dossier est pour nous essentiel dans sa globalité. Les militants et affiliés de la CGSLB souhaitent clairement que l’on travaille à une véritable harmonisation, avec les nécessaires adaptations sur toutes les questions qui différencient les ouvriers et les employés.

Cependant, l’urgence de la situation économique exige d’agir rapidement. Une solution directe doit être apportée pour tous les travailleurs qui aujourd’hui courent le risque de perdre leur emploi, malgré l’existence des mesures de crise. Une augmentation de la durée des délais de préavis des ouvriers est nécessaire et équitable.

Mais il est clair que cette mesure, si fondamentale soit-elle, ne peut pas et ne doit pas être la seule réponse dans ce dossier de l’harmonisation des statuts ouvrier/employé. Ainsi, l’absence d’obligation de motivation en cas de licenciement dans notre droit belge peut mener à des abus, y compris en période de crise. C’est pourquoi la CGSLB demande, entre autres, que la Belgique ratifie la convention n°158 de l’Organisation internationale du Travail (Convention sur le licenciement).

Prolongation des mesures de crise

Nous ne sommes pas encore sortis de la crise, nous en sommes conscients. Pour la CGSLB, les mesures de crises peuvent être prolongées de 6 mois, mais il est fondamental qu’à cette occasion un certain nombre de points soient réglés :

  • Il faut éviter les effets indirects pour les travailleurs : ceux-ci subissent déjà une perte de revenus. Il ne peut s’ajouter à cela une perte de droits, comme c’est par exemple le cas en matière de crédit-temps ou de congé-éducation payé.
  • Il faut mieux contrôler les effets d’aubaine : les mesures de crises représentent un coût pour la collectivité ; elles doivent être réservées aux entreprises qui en ont réellement besoin. Au-delà des critères objectifs montrant la persistance de la situation de crise pour l’entreprise, le meilleur moyen de vérifier si la réalité de la situation justifie le recours à ces mesures passe par la concertation sociale. La prolongation pour chaque entreprise ne peut en aucun cas être automatique.
  • Même en période de crise, certaines attitudes sont inacceptables : lorsque le choix est fait par l’entreprise du recours au chômage économique, l’employeur doit octroyer un complément qui ait du sens, pas une aumône de principe.

Nous espérons qu’après ce premier avertissement, adressé aux employeurs et au Gouvernement, la voie du bon sens pourra être trouvée pour les travailleurs.

Les travailleurs ne sont PAS RESPONSABLES de la crise économique actuelle. Nous le rappelons avec force depuis le début de celle-ci. Ils ne doivent donc PAS en payer le prix.

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