Plan Marshall 2.Vert : le plan lui-même
La CGSLB constate l'absence de continuation d'un plan d'urgence de nature à peser à très court terme sur les effets de la crise économique.
Exit donc le plan anti-crise wallon ?
La CGSLB constate aussi que la recherche ne fait pas l'objet de la création d'un axe en tant que tel. On retrouve des éléments de nature à favoriser la recherche dans des mesures spécifiques d'axes plus globaux, notamment un point 2 de l'axe 3. Cela nous semble d'abord peu cohérent avec la DPR, mais aussi très insatisfaisant. La recherche scientifique doit être mieux soutenue, aussi en dehors de la dynamique des pôles de compétitivité.
La CGSLB craint que le contexte budgétaire appliqué au catalogue de mesures listé dans le plan entraîne, de facto, un saupoudrage très néfaste à l'efficacité du plan. En effet, le Plan Marshall 2.Vert ne hiérarchise pas suffisamment les mesures et ne contient dès lors aucune piste de choix privilégiée. Ce plan a pourtant été présenté ce 17 septembre avec une réserve budgétaire explicite exprimée par le Ministre Président.
Ce qui signifie que dans le cadre des discussions budgétaires, de nouveaux choix risquent de devoir être faits. Quelle que soit la qualité de certaines mesures listées dans le plan Marshall, nous restons dès lors très prudents dans le cadre de l'émission d'un avis et plus encore en matière d'appréciation globale du plan et de ses chances de succès.
Axe I (Le capital humain)
La CGSLB peut bien sûr se déclarer d'accord avec les objectifs globaux de cet axe.
La CGSLB note la volonté du GW de promouvoir la mobilisation collective "Enseignement, Formation professionnelle et Emploi" (point 1) Pour ce faire le GW introduit la notion de "bassins de vie". Cette notion n'est, à priori, pas définie. La CGSLB préfèrerait qu'on lui substitue la notion de bassin d'emploi, plus classique mais surtout déjà plus aisée à identifier géographiquement. Si tel n'était pas le cas, il faudrait alors préciser cette notion.
Il va aussi de soi que la mise en place de pôles de formation, plus proches de besoins territoriaux, peut espérer atteindre mieux certains objectifs spécifiques. Néanmoins, il faut rester attentif à :
- Une approche qualitative mesurée et contrôlée de l'articulation entre opérateurs dans le cadre d'une offre de formations globale, gérable et cohérente
- Éviter les réflexes sous régionalistes.
La CGSLB s'interroge sur le contenu du point 2b) (mettre en place progressivement un accompagnement individualisé pour les demandeurs d'emploi…).
La CGSLB désire des clarifications à ce sujet.
En effet, la mise en place d'une amélioration (certaines choses sont déjà en place) du suivi du demandeur d'emploi par le Forem, ne peut pas avoir comme conséquence un nouveau durcissement de la politique d'exclusion. Cette amélioration doit peser sur la qualité du travail réalisé avec le demandeur d'emploi. Ce sont donc l'outillage (bases de données formations et emplois) et la formation destinés aux "accompagnants" qui doivent être améliorés.
Risque identifié : Si on augmente la pression sur les "accompagnants" et les demandeurs d'emplois (obligation de résultats), sans que les uns soient mieux formés et mieux outillés et sans pouvoir offrir aux autres plus de réelles opportunités, on créera, de facto, une situation de nature à augmenter le nombre de dossiers d'exclusion.
La CGSLB sera particulièrement attentive à l'évaluation de toutes les mesures mises en place en cette matière.
En matière de développement des filières en alternance, la CGSLB demande qu'on soit toujours plus attentif à promouvoir le rôle formateur des stages contre l'utilisation parfois constatée d'une main d'œuvre à bon compte.
De plus l'intensification de cette filière posera rapidement le problème du nombre de places de stages.
Axe II (les pôles de compétitivité)
Dans son mémorandum à l'attention des Présidents des partis francophones avant les élections, la CGSLB attirait l'attention sur l'absolue nécessité de continuer la mise en place des pôles et plaidait pour la création d'un sixième pôle dédié au développement durable.
Elle ne peut dès lors que se féliciter du contenu de l'axe 2.
La CGSLB continue à croire que cet axe est le cœur d'un plan de relance économique à moyen et à long terme de la Région. C'est aussi pour cela qu'elle s'interroge sur la réduction relative de ce budget. En effet, de plus de 400 millions de dépenses pour 5 pôles dans le plan Marshall 1.0 on passe à 388 millions pour 6 pôles dans le 2.vert.
Dans le cadre des choix politiques dont nous pensons qu'ils seront imposés par les contraintes budgétaires, il va de soi que, pour la CGSLB, l' AXE 2 doit être totalement préservé de toute rigueur budgétaire et même mieux pourvu le cas échéant.
La dynamique mise en place pour les 5 pôles initiaux doit à présent être de plus en plus clairement orientée "résultats mesurables en nombre de créations d'emplois". Le caractère structurel des mesures doit pouvoir se mesurer concrètement. En route vers la valorisation des projets de recherche. Il y va de la crédibilisation définitive de la démarche "relance économique" du plan Marshall.
Pour ce qui est du 6ème pôle (développement durable), la CGSLB insiste particulièrement pour que le processus de labellisation soit tout aussi scientifique et progressif que pour les autres pôles. La création et la consolidation progressive des filières doivent permettre de ne pas mettre en place un dynamisme sectoriel de la demande sans avoir structuré l'offre, ce qui serait principalement profitable aux filières existantes des pays limitrophes.
Dans ce cadre, il faudra soigneusement faire le lien entre l'axe 2 et les axes 1 et 4 car un effort de formation important sera nécessaire pour créer ces filières. Il n'existe pas de secteur réellement structuré du développement durable, mais une série de métiers, de la construction, de la chimie, de l'agriculture, du transport etc… qui se spécialisent petit à petit dans les métiers verts.
Autour du nouveau pôle de compétitivité doit se construire un réel secteur structuré du développement durable.
Axe III : un cadre propice à la création d'activités
1d) La CGSLB préconise que l'on passe directement à la mise en place d'un plan d'intégration sur 2 ans des Agences de Stimulation (économique et technologique).
Comme exprimé plus haut, la CGSLB regrette que la recherche scientifique ne fasse pas l'objet d'un axe spécifique. Cela permettrait aussi d'identifier clairement l'effort budgétaire wallon en faveur de ce secteur d'activité capital pour notre développement.
Axe IV : Les alliances emploi environnement
La CGSLB constate l'emploi dans le texte des termes "Nouveaux métiers verts" et "Autres métiers Verts".
Il faudrait définir clairement ces deux notions pour pouvoir comprendre précisément la portée du texte.
Selon la CGSLB cet axe doit être soigneusement synchronisé avec l'axe 2 et la création du 6ème pôle ; ceci notamment en matière de recherche et de formation, sous peine de voir fleurir un certain nombre "d'initiatives/doublons" improductives.
En tout état de cause, la CGSLB distingue mal les contours distincts du point 2 de cet axe. La confusion avec le fonctionnement d'un pôle de compétitivité labellisé reste importante.
Axe V: développement des emplois dans les services d'aides aux personnes et infrastructures d'accueil pour les secteurs de l'accueil de l'enfance et de l'aide aux personnes vulnérables
La CGSLB partage complètement les objectifs visés dans cet axe et espère de tout cœur que les budgets seront disponibles pour mener ces politiques à bien.
Toutefois elle tient à souligner que la pérennisation des emplois APE et PTP créés dans le premier plan pose le problème du rôle structurel excessif désormais joué par les aides à l'emploi sur le niveau d'emploi dans certains secteurs.
Si pour des raisons budgétaires, (nous pensons que c'est le moment d'en parler), certaines aides à l'emploi devaient être supprimées, comment ces secteurs pourraient-ils maintenir leur niveau de services aux personnes ?
Axe VI et VII
Pas de remarque
