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29 juin 2004

Semaine de 40 heures? Question mal posée par une organisation mal inspirée !

Pour le Syndicat libéral, il ne peut être question d'une augmentation linéaire de la durée du travail sans augmentation salariale, ni au niveau interprofessionnel, ni au niveau sectoriel.

On sait que le chantage à la délocalisation a permis au groupe allemand Siemens de faire pression sur ses travailleurs pour qu'ils acceptent d'augmenter de 35 à 40 heures leur temps de travail hebdomadaire, sans augmentation de salaire. Faute d'un tel allongement de la durée du travail, le géant allemand menaçait de délocaliser quelque 2000 emplois en Hongrie, où le coût du travail est nettement inférieur au coût allemand.
Ce qui s'est passé en Allemagne a été presque aussitôt évoqué par la Fédération des entreprises de Belgique, qui se réfère à un problème au niveau d'une entreprise pour hypothéquer l'ordre du jour de la concertation interprofessionnelle avant même le début de celle-ci, prévu en septembre.

Pour le Syndicat libéral, il ne peut être question d'une augmentation linéaire de la durée du travail sans augmentation salariale, ni au niveau interprofessionnel, ni au niveau sectoriel.
On observera d'ailleurs à ce propos que la FEB, qui était toujours opposée à une réduction linéaire de la durée du travail, se montre inconséquente en voulant généraliser le dossier Siemens.
Les situations en entreprise doivent être négociées au niveau de l'entreprise : la CGSLB fait preuve à cet égard de la plus grande confiance en ses négociateurs locaux.
Sur le plan interprofessionnel, il convient de rappeler que :

  1. Avant de discuter des salaires, il convient d'attendre les conclusions du rapport du Conseil central de l'Economie ;
  2. La durée moyenne du travail en Belgique est largement supérieure à 35 heures par semaine ;
  3. En raison de la productivité dans notre pays ainsi que de la flexibilité, notamment via le système du chômage économique, le temps partiel, l'usage important de l'intérim, le travail flexible en équipe, etc, les entreprises peuvent fort bien s'inscrire dans un environnement concurrentiel ;
  4. En Belgique, la population active augmente encore jusqu'en 2010, ce qui n'est pas le cas en Allemagne, et le chômage risque donc encore de croître ;
  5. Et enfin, la réaction de la FEB affecte encore un peu plus la crédibilité de la problématique européenne.

C 'est donc avec raison que les syndicats insistent sur la nécessité de créer une Europe sociale, dès lors que l'objectif clair doit être le progrès social, entre autres sur le plan des conditions de travail dans les nouveaux Etats membres, au lieu d'un recul social dans les anciens Etats membres. L'engagement du Syndicat libéral dans les organisations européennes et internationales de travailleurs s'inscrit dans cet objectif. L'Europe sociale est la seule bonne réponse à la problématique de la concurrence.

Guy HAAZE
Président national

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