Carrefour : c’est à la direction d'éclaircir les choses
Le Syndicat libéral n’a pas encore confirmé sa participation à la grève générale prévue dans les magasins Carrefour le 30 avril, à la demande des syndicats chrétiens et socialistes. La CGSLB attend d’abord de voir comment va se dérouler la première journée de négociations ce mardi 27/04 avant de prendre sa décision. Elle compte sur des propositions de la direction permettant de sauver un maximum de magasins et d’emplois et espère que la direction prendra les mesures d'accompagnement nécessaires pour les personnes devant quitter l’entreprise. Vu la confusion qui a régné jusqu’à maintenant dans ce dossier, c’est à la direction d'éclaircir les choses.
Du côté de la direction de Carrefour Belgium, on affiche une certaine « incompréhension et perplexité » par rapport à cet appel à la grève générale en « front commun » dans les magasins. Voilà qui prouve une fois de plus qu’elle sous-estime la colère et le découragement de son personnel.
C’est évident que la direction veut trouver une solution de manière constructive autour de la table des négociations mais dans les faits, elle n’a pas vraiment montré qu’elle était prête à dialoguer de manière correcte.
Depuis l’annonce le 23 février, il y a eu 9 conseils d’entreprise et 57 réunions régionales, mais on ne peut pas encore dire qu’une réponse sérieuse a été donnée aux questions cruciales. Il n’y a qu’au sujet d’une reprise de 19 magasins par le groupe Mestdagh qu’un consensus semble voir le jour (entre les directions concernées). Pour ce qui est des licenciements et de la mise sous franchise de magasins en Flandre, aucun commentaire n’a encore été fait à ce sujet jusqu’à présent.
A la question de savoir quel plan d’entreprise se cache derrière la rhétorique du « plan commercial », aucune réponse sensée n’a été donnée, alors que ce « plan commercial » a été annoncé comme étant l’élément essentiel de l’ultime plan de sauvetage et que les syndicats ont été appelés à soutenir ce plan.
Il est impossible de négocier de manière constructive lorsqu’on ne sait pas ce qu’il adviendra d’un certain nombre de magasins sous le nom Carrefour Belgium dans 2, 3, ou 5 ans, du volume de personnel nécessaire, de la réelle distinction avec la concurrence, etc. Tant que ces questions resteront sans réponses, le Syndicat libéral maintiendra sa position, à savoir que le personnel ne peut pas subir de réduction de salaire, qu’il faut créer des possibilités de départs volontaires, que le volume d’emploi doit être sauvé en ayant recours à des transferts vers des magasins qui ne ferment pas leurs portes, que l’âge de la prépension doit rester le plus bas possible et que la CCT 32bis doit être respectée pour les magasins qui seront repris.
La CGSLB insiste encore une fois sur le fait que le personnel n’est pas responsable de cette débâcle. Une véritable solution, à long terme, ne sera possible que lorsque Carrefour confirmera qu’il y a un avenir pour les magasins intégrés en Belgique. Au-delà des phrases lénifiantes, ce que nous voulons ce sont des informations vérifiables, et tant que nous ne les aurons pas, nous ne pourrons leur faire confiance et entamer un dialogue constructif entre partenaires sociaux. Pour l’heure, nous pouvons conclure que Carrefour ne prend en compte que les intérêts financiers à court terme et n’a pas de vision, ni économique ni sociale, à long terme.
Jan Moens
Responsable Sectoriel National
