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26 janvier 2001

Avis à propos du budget pluriannuel 2002-2004 de la sécurité sociale

Avis des organisations des travailleurs à propos du budget pluriannuel 2002-2004 de la sécurité sociale

 

 

 

1. De nouvelles réductions de cotisations doivent intégralement être compensées par un financement alternatif supplémentaire.

 

Les réductions de cotisations accordées aux employeurs sont passées de 39 milliards en 1994 à 75 milliards en 1999 et à 149 milliards en 2001. Sans nouvelles décisions ou sans nouvelles modifications aux arrêtés d'exécution, les réductions de cotisations actuelles s'élèveront à 175 milliards en 2004 (+ 110 milliards en 10 ans).

 

Le financement alternatif introduit par le plan global pour compenser les économies réalisées sur les cotisations n'a pas augmenté dans les mêmes proportions : de 74 milliards en 1994, on est passé à 168 milliards à partir de 2002 (+ 94 milliards).

 

Aussi, les organisations des travailleurs insistent pour que toute nouvelle réduction de cotisations soit compensée par une augmentation identique du montant du financement alternatif.

 

Ce principe avait d'ailleurs déjà été appliqué dans le dernier budget pluriannuel et lors de l'élaboration du budget 2001.

 

2. Répartir équitablement les améliorations sociales entre les différents secteurs de la sécurité sociale.

 

En conservant l'hypothèse de croissance prudente du gouvernement pour l'élaboration du budget 2001 et en se basant sur une compensation intégrale des nouvelles réductions de cotisations, les soldes positifs s'élèveraient à environ 25 milliards en 2002, à 43 milliards en 2003 et à 46 milliards en 2004.

 

Si la croissance actuelle du budget des soins de santé (prise en charge des dépassements du budget et budgets supplémentaires exceptionnels en sus des 2,5 % de croissance réelle) se maintient, les marges obtenues dans la sécurité sociale seraient, comme ces dernières années, exclusivement affectées à ce secteur dans les années à venir.

 

Si les organisations des travailleurs appuient toute nouvelle amélioration relative à l'accès à ce secteur, elles trouvent néanmoins que ces améliorations devraient principalement être financées par un renforcement de la lutte contre les abus et la surconsommation.

 

3. La revalorisation des allocations de remplacement est pour nous une priorité absolue.

 

Les gens qui doivent vivre d'une allocation ont subi de lourdes restrictions pendant 20 années de 'vaches maigres'.

 

Selon les calculs du Bureau du Plan, l'allocation de chômage moyenne s'élevait en 1980 à 41,6 % du salaire brut moyen dans le secteur privé. En 1999, ce rapport n'était plus que de 27,9 %. Ces gens ont donc consentis un effort de 33 % !!

En 1980 et en 1999, l'allocation d'invalidité moyenne s'élevait respectivement à 43,9 % et 33,3 % du salaire brut moyen : leur allocation a donc été amputée de ¼ !

Le ratio de remplacement moyen des pensions est passé de 37 % en 1986 à 32,3 % en 1999.

 

Ce ne sont pas seulement des chiffres. Les chiffres du " Programme d'action national pour la lutte contre la pauvreté " du gouvernement font clairement apparaître que le nombre d'allocataires sociaux sombrant dans la pauvreté ne cesse d'augmenter.

 

C'est pourquoi nous exigeons du gouvernement :

 

  • qu'il mette en place un système d'adaptation automatique des allocations aux salaires réels (comme c'est le cas aux Pays-Bas et comme c'est à nouveau le cas en Allemagne).
  • qu'il revalorise certaines allocations pour les porter à un niveau convenable (cfr notre demande de relever les allocations des personnes isolées à 50 %).

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