Manif CES Ljubljana
35.000 syndicalistes européens défilent pour le pouvoir d’achat
Marre de la modération salariale, le pouvoir d’achat des travailleurs doit augmenter dans la mesure des profits des entreprises. Nous étions 35.000 dans les rues de Ljubljana le 5 avril pour faire entendre ce message aux ministres des finances de l’Union européenne réunis près de la capitale de la Slovénie.
Le salut de l’économie européenne passera par la hausse du pouvoir d’achat, et par conséquent de la consommation intérieure. Le discours du patronat qui professe que la modération salariale aurait un effet bénéfique sur l’emploi ne passe plus dans la population. Les actionnaires et les patrons s’octroient dividendes, salaires et avantages divers tandis qu’il ne reste que des miettes pour les travailleurs.
Depuis 1995, la part des salaires dans le produit intérieur brut (PIB) a diminué dans toute l’UE, alors que les profits ont augmenté. Les cadres supérieurs gagnent jusqu’à 300 fois plus que leurs travailleurs, dont 30 millions n’ont qu’un salaire de misère,
Cette euro-manifestation s’inscrit dans le cadre de la campagne actuelle de la Confédération européenne des Syndicat (CES) en faveur d’une plus grande égalité des salaires, décidée l’année passée lors du congrès de Séville . Le mot d’ordre était « A l’offensive !».
La manifestation du 5 avril dernier a montré combien les syndicalistes de toute l’Union européenne, y compris ceux des nouveaux pays, sont effectivement décidés à passer à l’offensive Les travailleurs de toute l’Europe expriment ainsi leur impatience à l’égard de la baisse du pouvoir d’achat et de la modération excessive des salaires, qui explique leur difficulté croissante à maintenir un niveau de vie décent pour eux-mêmes et leur famille.
Les syndicats n’ont pas la liberté d’entreprendre des négociations salariales collectives sans l’intervention des gouvernements, des ministres des finances ou de la Banque centrale européenne, souligne la CES.
« La priorité absolue de la CES est d’obtenir un salaire plus équitable pour les travailleurs de toute l’Europe. » souligne le Secrétaire général de la CES, John Monks. Les concessions salariales imposées aux travailleurs constituent toujours les profits d’aujourd’hui et de demain, mais on ne peut prétendre, comme les défenseurs de la modération, qu’elles représentent les nouveaux emplois de l’avenir.


