Congrès CES Seville 2007
Vers l’égalité des salaires hommes/femmes (24-05-2007)
Suivant l’exemple belge, une charte sur le « gender mainstreaming » a été présentée le mercredi 23 mai. Tous les syndicats membres l’ont officiellement approuvée et entérinée. Par ce document, ils s’engagent à appliquer au sein de leur propre organisation le principe du gender mainstreaming. Ils s’en inspireront également dans la concertation sociale etdans leur combat pour l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes. Le long débat a suivi sur le discrimination la plus criante dont son victimes les femmes, à savoir la différence de rémunération. Des expériences de bonne pratique pour réduire le fossé ont été échangées. Symboliquement tous les congressistes portaient une pièce de monnaie amputée d’un morceau représentant la différence de rémunération de 15 % qu’il faut supprimer.
Indispensables partenaires sociaux
Au nom de la présidence allemande de l’Union européenne, Franz Münterfering, Vice-chancelier de la République fédérale et Ministre de l’emploi, a prononcé un discours refusant le fatalisme face aux disparités sociales et aux difficultés de la construction européenne. Il a souligné avec force que le processus européen, facteur de paix et de développement, est inconcevable sans le rôle essentiel des partenaires sociaux.
En marge du congrès, l’Institut syndical européen a organisé un atelier relatif à la part décroissante des salaires dans les produits intérieurs bruts de nombreux pays. Ce phénomène inquiétant trouve-t-il son origine dans la globalisation, la technologie, une faiblesse syndicale ou des politiques gouvernementales ?
La tendance naît dans le courant des années ’80, lorsque s’installe une recherche très marquée de hauts rendements financiers. Le phénomène s’amplifie avec l’émergence de pays aux coûts de production très bas. L’analyse des réalités nationales est complexe et appelle des réponses appropriées, la durabilité des économies pouvant être en danger. Une partie de la solution se trouve en tout cas assurément dans la lutte contre le chômage, et repose sur le dynamisme syndical.
Croissance économique et justice sociale (23-05-2007)
La deuxième journée du Congrès de la CES a été marquée par les interventions de Vladimir Spidla, Commissaire européen de l’emploi et de José Luis Zapatero. Le Président du gouvernement espagnol a vanté le modèle de croissance de son pays qui l’on peut résumer par une formule lapidaire : croître en étant juste, c’est-à-dire sans oublier personne, ni les travailleurs, ni les pensionnés, ni les immigrés, ni les femmes. Plus rare, José Luis Zapatero a rendu un hommage vibrant aux syndicats espagnols qui ont su accompagner le développement de l’économie sans faire de concessions. Premier intervenant de l’après-midi, Jan Vercamst a lancé un appel à la solidarité, avec une immigration responsable. Il a mis en avant la revendication de la CGSLB de tenir compte d’un impératif de qualité dans toutes les politiques en faveur de l’emploi.
Les congressistes ont réélu John Monks au poste de Secrétaire général. Wanja Lundby-Wedin (du syndicat suédois LO) succède à Candido Mendez Rodriguez à la présidence de la CES. Une première table ronde a débattu du rôle de la Banque centrale européenne. Jean-Claude Trichet a défendu une vue très conservatrice, en demandant aux partenaires sociaux de modérer leurs appétits pour contenir l’inflation. Jürgens Peters d’IG Metal lui a tenu la dragée haute fort de l’augmentation salariale qu’il a obtenue en Allemagne sans mettre les entreprises en péril.
L’autre table ronde a permis aux syndicats de préciser leur rôle dans le débat environnemental.
La CES passe à l’offensive (22-05-2007)
Si le thème du Congrès de la Confédération européenne des Syndicats (CES) à Séville est « à l’offensive », n’en concluez pas qu’elle s’est contentée d’être sur la défensive jusqu’à présent. John Monks, le Secrétaire général a fait le bilan positif de la CES dans la préservation des acquis sociaux des travailleurs européens. Il a rappelé comment la CES a obtenu la modification de la directive services, mieux connue sous le nom de directive Bolkestein.
José Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne, a souligné l’effet bénéfique de l’engagement syndical, en soulignant que si le traité constitutionnel devait être adapté, il ne pourrait être question de diminuer l’important rôle dévolu aux partenaires sociaux. L’Union est confrontée à de multiples changements auxquels elle doit s’adapter pour en tirer profit, mais s’adapter à l’européenne c’est-à-dire en défendant notre modèle social. Monsieur Barroso a rendu hommage à la participation des syndicats dans le processus d’élargissement de l’Union.
Pendant le Congrès, les trois syndicats belges font stand commun, une situation qui ne manque pas d’étonner nos collègues étrangers. Parfois il faut savoir s’unir pour mieux faire aboutir ses idées, c’est le principe même de la CES.









