Congrès Mondial de la CSI
Du 21 juin au 25 juin la Confédération syndicale internationale (CSI) organise son 2ème congres mondial à Vancouver (Canada).
Les délégué(e)s au 2e Congrès mondial de la CSI proviendront de pays qui, d’une manière ou d’une autre et à différents degrés, sont tous frappés de plein fouet par la crise mondiale. La CSI est convaincue qu’après des décennies d’injustice c’est à présent au tour du peuple – tous les peuples – de bénéficier des avantages de la mondialisation. Suivez le congres avec les représentants de la CGSLB.
25 juni
Le deuxième Congrès mondial de la CSI s’est achevé à Vancouver. Au terme de 5 jours de Congrès, les organisations syndicales rassemblées ont élu la première femme au poste de secrétaire général de la CSI , Me Sharan Burrow de l’Australian Council of Trade Unions.
C’est dans une allocution empreinte de beaucoup d’émotions et de conviction que la nouvelle Secrétaire générale s’est adressée à l’assemblée en rappelant son engagement pour le travail décent, mais aussi le droit à l’éducation, des services publics de qualité et un accès à la protection sociale pour tous. Elle s’est également engagée résolument à ce que la CSI puisse jouer un rôle dans la régulation de la finance et un juste retour de l’économie réelle. Elle a rappelé aussi que les organisations syndicales doivent rester ce lieu d’ouverture et d’inclusion de tous les travailleuses et les travailleurs et spécialement pour les plus défavorisés, les jeunes, les femmes, les migrants ou encore les travailleurs de l’économie informelle. Enfin, elle a plaidé pour que le thème du Congrès, Maintenant le peuple, de la crise globale à la justice sociale ne soit plus seulement un thème, mais la préoccupation première des organisations syndicales. Le travail achevé à Vancouver est un point départ pour toutes et tous les travailleurs afin de faire émerger une mondialisation qui place le travailleur au centre de ses préoccupations.
Avec l’accession de Sharan Burrow au poste de secrétaire général, c’est Guy Rider qui termine son mandat pour devenir Vice-Directeur général du BIT. La voix des travailleurs pourra encore compter sur un syndicaliste de grande envergure et convaincant à travers le monde entier. Dans son intervention, Jan Vercamst, Luc Cortebeeck et Rudi De Leeuw ont été remercié par l’ex-Secrétaire général pour avoir été cette famille syndicale belge d’accueil dont l’engagement international est sans faille. C'est également Michael Sommer, de la DGB, qui a été élu à la Présidence de la CSI. Il sera assisté dans cette tâche par les deux Vice-Présidents : Luc Cortebeeck, notre collègue belge de la CSC que nous tenons à féliciter et Nair Goulart, notre collègue brésilienne de Força Nacional Sindical.
Les organisations affiliées ont également approuvé les 14 résolutions qui sont autant de guides stratégiques et de référence dans un travail syndical sans cesse renouvelé pour faire avancer une justice sociale qui se doit d’être mondiale.
24 juin
Par la voix de son Président, Jan Vercamst, la CGSLB :
- Note, suite aux nombreuses interventions des organisations syndicales présentes au Congrès de la CSI (Confédération syndicale internationale) à Vancouver, que l’après-crise mondiale continue de plonger les travailleurs de tous les continents dans une précarité sans précédent. La rupture qu’a créée la crise n’a toujours pas ouvert la voie vers un changement qui replace le travailleur au centre de la dynamique économique, sociale et environnementale. La redistribution de la richesse mondiale doit arrêter de se calculer uniquement en dividende pour mieux assumer un rôle de justice sociale mondiale par le travail.
- Encourage la CSI et tous les affiliés à poursuivre une solidarité de fait entre les travailleurs basée sur la défense des droits individuels et collectifs pour un travail décent par l’exercice d’un internationalisme syndical. Pour sa part, là où nécessaire, la CGSLB plaidera sans relâche pour des actions de défense et de valorisation des travailleurs les plus vulnérables et ce particulièrement dans les pays en voie de développement. Si les économies sont aujourd’hui interdépendantes et ce à un niveau global, les travailleurs aussi ! Les formes d’emploi atypiques et non-protégées comme dans l’économie informelle ne sont pas des enjeux nationaux. Ils sont globaux. Ils doivent donc trouver des solutions globales. Le mouvement syndical mondial doit en être le fer de lance.
- Salue l’engagement de la CSI et de tous ses affiliés à s’ouvrir à la diversité de toutes les organisations syndicales présentes sur tous les continents pour représenter et défendre les travailleurs du monde. Le travail syndical international peut compter sur une organisation soucieuse des particularités de ses affiliés. Il peut compter sur un engagement sans réserve et intransigeant sur le respect des principes de syndicalisme indépendant et démocratique. La CGSLB salue également la décision de renforcer l’égalité femmes-hommes dans les structures syndicales.
- Apporte son plein soutien à la résolution prise par les affiliés qui s’engagent à mettre en œuvre des priorités pour une justice sociale mondiale : un travail décent pour tous, une justice et une équité sur le marché du travail, une réglementation des finances, un avenir durable à faible émission de carbone, un nouveau modèle de développement et une gouvernance de la mondialisation. La CGSLB apportera tout son concours à cet exercice de démocratie sociale et syndicale.
- Se réjouit particulièrement de ce que les travailleurs syndiqués du monde entier confirment la nécessité et la faisabilité d’une taxe internationale sur les transactions financières. Bien qu’avec les collègues européens et ou belges, la CGSLB ait déjà appuyé sans réserve l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, il est indispensable de s’engager sur le plan international pour des politiques fiscales globales justes et progressistes.
23 juin
Rencontre de l’informel
Avec 311 organisations affiliées dans 155 pays et territoires différents, totalisant 175.710.343 membres, le Congrès de la CSI est une opportunité unique de pouvoir échanger des expériences et pratiques syndicales. En marge des activités institutionnelles comme la plénière ou les commissions, des évènements ad hoc sont alors tenus sur le temps de midi par exemple.
Aujourd’hui, le thème de l’économie informelle réunissait les organisations syndicales impliquées dans cette problématique. Elle confirme d’ailleurs, dans ce congrès, son importance grandissante et galopante pour le monde des travailleurs. C’était donc l’opportunité pour nos partenaires syndicaux africains du Burundi, du Burkina Faso, de la Mauritanie ou encore du Sénégal d’exposer brièvement leurs stratégies de syndicalisation des travailleurs et travailleuses de l’informel. Ces stratégies reçoivent notre appui dans le cadre de la mise en œuvre de nos partenariats.
Il ressort de cette rencontre que le monde syndical n’ignore plus les particularités des travailleurs de l’informel et ce sur tous les continents. Toutefois, l’organisation des travailleurs de l’informel reste encore un formidable challenge pour les syndicats. Il s’agit d’un challenge en termes d’affiliation, de protection ou de défense de leurs droits de travailleurs.
Encadrer syndicalement les travailleurs de l’informel, c’est à chaque fois prendre en compte leurs besoins et ressources propres pour assurer l’universalité de leurs droits à un emploi productif, une protection sociale, des droits fondamentaux reconnus ou encore la liberté de négocier collectivement.
Les participants auront terminé leur rencontre par un appel à la CSI. Toutes les organisations souhaitent disposer de la possibilité d’échanger leurs pratiques et leurs expériences de manière plus structurées, régulières et encadrées. Il semble que dans un monde globalisé, cette méthode soit la plus appropriée.
22 juin
La séance plénière du Congrès de la CSI s’est ouverte aujourd’hui par la présentation du rapport thématique de ce même Congrès : Maintenant le peuple. Guy Rider, Secrétaire général, a défendu une vision syndicale mondiale pour une justice sociale mondiale en identifiant les domaines clés d’actions pour y parvenir ainsi que les priorités à mettre en œuvre. Ces dernières sont au nombre de 6 :
- un travail décent pour tous,
- la justice sociale et l’équité sur le marché du travail,
- la réglementation des finances,
- un avenir durable à faible émission de carbone,
- un nouveau modèle de développement,
- une gouvernance de la mondialisation.
C’est dans ce contexte que Jan Vercamst, Président de la CGSLB, a pris la parole pour que tous les travailleurs coopèrent et se coordonnent pour apporter des réponses aux enjeux mondiaux du travail. Il a surtout plaidé pour les travailleurs qui restent trop souvent invisibles et précarisés : les travailleurs de l’économie informelle. Ils sont de plus en plus nombreux et victimes particulièrement fragiles de la crise.

- Président national Jan Vercamst au congres mondial de la CSI
L'allocution du Président national Jan Vercamst
La CGSLB apporte son plein soutien au rapport thématique du Congrès. Nous croyons en outre qu’une efficacité économique, une justice sociale et un environnement durable ne peuvent se réaliser qu’au travers de l’autonomisation pour chaque travailleur, dans l’économie formelle et informelle.
Le rapport thématique met clairement en évidence que la crise financière, conduisant à une crise économique et sociale, a un impact profond sur l’économie réelle. Les économies sont aujourd’hui interdépendantes et ce à un niveau global, mais les travailleurs aussi ! Les formes d’emploi atypiques et non-protégées comme dans l’économie informelle ne sont pas des enjeux nationaux. Ils sont globaux. Et, si les gouvernements doivent mieux se coordonner pour créer du travail décent, des emplois verts et mettre en œuvre le pacte mondial pour l’emploi, alors, une meilleure coordination et coopération sont également nécessaires entre tous les travailleurs et les organisations syndicales.
Chers amis, soyons clairs, les activités syndicales ne peuvent se résoudre à soutenir ceux qui restent en dehors du système formel, mais se doivent d’aider et apporter un soutien aux travailleurs qui n’ont pas d’autres choix.
C’est pourquoi, la CSI et ses membres pourraient formuler et plaider pour des actions sur mesure afin de défendre et protéger les droits individuels et collectifs pour tous les travailleurs tenant compte de leurs préoccupations spécifiques. Le secteur de l’informel a besoin d’une représentation adaptée dans les structures syndicales locales, régionales, nationales et aussi internationales pour garantir le dialogue social. La protection sociale et de meilleures conditions de travail doivent être assurées aussi pour les personnes travaillant dans l’économie informelle.
Chers amis, ce sont là les raisons principales qui font que la CGSLB soutient pleinement le message délivré dans le rapport thématique du Congrès et voudrait souligner toute l’importance de donner une voix aux travailleurs de l’économie informelle.
21 juin
Le second congrès mondial de la CSI s’est donc ouvert aujourd’hui en fin d’après-midi à Vancouver en cette journée du solstice d’été. L’anecdote ne serait pas soulevée si ce n’est que les messages délivrés en cette ouverture ont remarquablement mis en perspective l’être humain, travailleuses et travailleurs, au centre du monde social, financier ou économique dans son environnement ou dans le temps. C’est la journée la plus longue de l’année et notre travail d’une construction solidaire de tous les travailleurs du monde ne sera sans doute pas terminé quand le soleil se couchera.
Nos hôtes canadiens, les représentants des premières nations du Canada (Indiens d'Amérique), la Présidente de la CSI, le Premier Ministre grec, le Représentant des travailleurs à l’OIT ou encore notre hôte syndical du dernier Congrès de Vienne en 2004 ont tous plaidé pour remettre le peuple, les individus au centre des préoccupations sociales, économiques, environnementales ou politiques. La crise globale aura certes retenu toute l’attention. Etant donné la défaillance du système global, il semble que tôt ou tard, nous devions faire un choix : celui d’assumer le travail décent et un juste développement des sociétés à travers le monde ou celui d’une détérioration des conditions de travail poussé par un certain fanatisme du marché. Par ses liens de solidarité, le monde syndical aujourd’hui encore a fait le choix positif d’une progression de la justice mondiale et sociale pour tous.
Concrètement les premiers travaux du Congrès ont déjà pu réaliser quelques avancées. Sabine Slegers, Secrétaire nationale, a ainsi participé aux travaux du Comité des femmes qui a proposé de relever l’objectif progressif de la représentation des femmes au sein de la CSI et dans ses actions de promotion de 30 à 40%. Le Conseil général, auquel le Président, Jan Vercamst et Vera Dos Santos Costa, Chef du Département international participaient, a donné son accord franc et massif à cette proposition.
On pourrait conclure, selon les coutumes ancestrales canadiennes, que ce Congrès s’est inauguré sous les bons auspices de l'ours symbolisant la force et le pouvoir, du castor pour sa persévérance, de l’aigle pour la paix ou encore de l’orque gardien et symbole du travail.
20 juin 2010
Quatre ans après son congrès de fondation à Vienne, la Confédération syndicale internationale (CIS) a entamé ce 21 juin 2010, son 2ème congrès mondial à Vancouver, au Canada, sous le thème Maintenant le peuple – de la crise à la justice mondiale. Des organisations syndicales du monde entier participent au congrès pour définir les lignes directrices pour les 4 années à venir. Une délégation de la CGSLB emmenée par le Président Jan Vercamst participe aussi à l'événement.
Pour ce congrès, l'actuel secrétaire général, Guy Ryder, a rédigé une résolution très spécifique sur le thème du congrès. Cette résolution décrira la politique-clé et les aspects stratégiques pour le mouvement syndical au niveau international et elle servira de base aux débats en séance plénière au cours du congrès.
Les délégations au Congrès proviennent de pays qui, d’une manière ou d’une autre et à différents degrés, sont tous frappés de plein fouet par la crise mondiale. Aussi, au centre de l'ordre du jour, se trouve une analyse de l'influence actuelle que recouvre la crise financière et économique sur la population. Les délégués se penchent sur les résolutions préparées au préalable et les organisations membres consacreront durant le congrès suffisamment de temps à ce qu'il faut faire pour rendre la CIS plus combative.
Dans le cadre du programme pluriannuel CGSLB/MSI, nous avons également prévu la participation au congrès de nos partenaires du Sud. Nous espérons pouvoir donner l'occasion à nos partenaires de faire entendre leur voix et de se participer à la mise en place d'une stratégie syndicale internationale pour les 4 prochaines années.

