Pascal Detienne - BNP Paribas Fortis

Quelles conséquences pour le personnel ?

Chaque fois que notre employeur nous expose l’un de ses projets, nous évaluons son impact sur les conditions de travail et l’emploi. La banque recherche le profit maximal à court terme et c’est le personnel qui paie l’addition (et le client).

Ecouter Pascal Detienne raconter l’évolution du métier d’employé de banque au cours des trois dernières décennies est un délice de fin gourmet. Plus question aujourd’hui de choyer un petit client, il faut faire du chiffre. Depuis quand il est délégué ? Il ne s’en souvient plus. Sachez simplement qu’il a vécu la privatisation de la CGER, le rachat de la SNCI, la fusion avec la Générale de Banque et puis la saga Fortis jusqu’à la faillite retentissante et le rachat par BNP Paribas. « A chaque fois ce qui nous importait c’est de veiller au bien être du personnel malgré tous ces événements ainsi que de maintenir l'emploi et les avantages. En gros je peux dire que nous avons sauvé les meubles, mais ça devient de plus en plus difficile. »

Toutes les banques travaillent à court terme et recherchent le profit immédiat. Pour diminuer les frais de fonctionnement, la direction aimerait bien tailler dans le personnel. « Nous exigeons le reclassement ou des mesures de départ attrayantes. La direction a voulu réduire les indemnités des malades de longue durée, nous l'avons refusé. Elle cherche à diminuer les salaires des gens qui, selon elle gagnent trop. Nous l'avons refusé. »

16_pascal_detienne_0.jpg"Au sein d'une entreprise saine et équilibrée le bien-être du personnel est plus facilement réalisable. Voilà pourquoi nous sommes partisans d'un certain pragmatisme, nous sommes capables d’entendre ce dont l’entreprise a besoin pour progresser. A condition que le personnel ne paie pas les pots cassés."

 

Vecteur de progrès

Pourtant Pascal Detienne refuse l’idée en vogue que les syndicats constitueraient un frein au progrès. « Nos contre-propositions sont toujours faites dans un esprit win-win. Nous sommes parfaitement capables d’entendre ce dont l’entreprise a besoin pour progresser et résister à la concurrence. En fait, nous prenons en charge une partie du travail que le service des ressources humaines devrait effectuer. Nous évaluons les conséquences de chaque décision sur les employés, nous recherchons des reclassements pour les gens dont la fonction est supprimée et nous écoutons les doléances de nos collègues. » Tous les délégués de toutes les entreprises insistent sur ce dernier rôle, celui d’assistant social qui permet à un travailleur en souffrance d’exprimer son mal-être.