Femme et pension
Les femmes ont-elles toutes un même niveau de pension ?
Une enquête interne récente révèle l’inquiétude de nos membres par rapport aux pensions futures. Les femmes peuvent peut-être se poser davantage de questions encore que les hommes. En effet, à l’analyse de la législation actuelle en matière de pension en fonction des carrières professionnelles des hommes et des femmes, il apparaît clairement qu’en raison de leur choix, les femmes réunissent moins de droits en matière de pensions que les hommes.
Cette constatation est clairement apparue lorsque l’on a étudié de près la problématique de la pension dans le cadre du pacte de solidarité entre les générations. Certaines règles dans la législation relative aux pensions sont une tout autre réalité pour les femmes que pour les hommes !
Un exemple significatif à cet égard est l’effet du travail à temps partiel sur la pension. Lorsqu’une femme a travaillé à temps partiel pendant 40 ans, elle n’a aujourd’hui, aucun droit à la pension minimum. En effet, cela nécessite une carrière à temps plein de trente ans. C’est bien sûr également le cas pour les hommes, mais seulement 5% travaillent à temps partiel contre 38% des femmes. Il y a donc bien plus de femmes qui sont exclues.
Pour y remédier, le pacte de solidarité entre les générations prévoit déjà bon nombre de mesures ; par exemple, faire entrer en ligne de compte le travail à temps partiel pour l’accès à la pension minimum. Mais cela ne suffira pas. Pour pouvoir prendre des mesures à long terme, il faudra disposer d’informations détaillées sur les carrières professionnelles des femmes. Le ministre des pensions constate qu’il y a des lacunes en la matière. En ce qui concerne les hommes, on peut se mettre d’accord pour dire que la carrière moyenne qui ressort des statistiques constitue une bonne base pour la réalisation d’une politique. Pour les femmes, on voit qu’il se cache de grandes différences individuelles derrière les moyennes et qu’en conséquence, l’effet des mesures risque de passer sous le nez de beaucoup de femmes, dixit le Ministre. De plus, il y a lieu de vérifier dans quelle mesure l’effet du temps partiel et du crédit-temps sur la pension doit être raboté.
On peut, en outre, se demander si ces carrières « atypiques » des femmes resteront la tendance. Les jeunes générations se comportent-elles de la même manière en ce qui concerne le choix de carrière?
Doit-on montrer du doigt la législation en matière de pension en soi ? Finalement, elle est la même pour les hommes et les femmes. Ne devra-t-on pas œuvrer pour remédier à la position « inégale » des femmes sur le marché du travail, l’application de cette législation « égale » ayant des effets différents au détriment des femmes ?
Conférence sur les pensions
Pour découvrir et analyser les mesures complémentaires qui sont nécessaires pour pouvoir garantir à l’avenir des pensions décentes aux femmes, le Ministre des pensions a pris l’initiative d’organiser en 2006 quatre conférences en la matière. Les syndicats ont été invités à y participer et à révéler leur vision. Les premiers résultats d’études sont attendus début 2007 en vue de définir une proposition de mesures politiques.
